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Ex-libris Paris, l’intime chic du lecteur

Dans le septième arrondissement, Lauren et Igor ressuscitent l’ex-libris.

Du latin « dans la bibliothèque de » cet accessoire pour bibliophile permet de marquer sa propriété. De Winston Churchill à Victor Hugo, de Lewis Caroll à Jack London, plusieurs figures littéraires ou personnalités publiques tamponnaient leurs bouquins et protégeaient leurs collections. Avec le déclin du métier de graveur et le manque d’intérêt actuel pour la bibliophilie (pour ne pas dire la lecture), les ex-libris se sont perdus. On se réjouit de l’union des deux co-fondateurs, Igor et Lauren, d’Ex-libris Paris.

Passion du beau

Ils se sont rencontrés à Art Paris, il y a deux ans. Entre deux photographies de femmes nues en noir et blanc, Igor succombe au charme de Lauren. Alchimie parfaite entre le dandy parisien cette douce jeune femme aux allures de dame du monde. Deux semaines après leur rencontre, ils décident d’emménager ensemble. Pour choisir leur cocon de vie, ils sous-louent les appartements de leurs amis dans plusieurs arrondissements. C’est lors de cette itinérance que nait le projet Ex-libris Paris.

Fille de graveuse et petite fille de bibliophile, Lauren tombe dans l’art intime de l’ex-libris. En plus d’un souci de dandysme qui incitait Igor à inscrire son nom sur tous ses objets, l’ex-libris représentait une thérapie à sa dyslexie. « C’était une revanche pour moi, parce qu’il y a une sorte de symbole à apposer mon ex-libris dans un livre, je casse une barrière mentale et je m’approprie le livre. » Pratiquement disparus, « personne n’en faisait à Paris à des prix abordables », explique Igor.  Pour l’amour du beau, pour leur soutien inconditionnel au livre papier, Lauren et Igor co-fondent leur entreprise. « C’est un objet tangible dans une société digitale. » Ils font tout à leur image (authentique, excentrique, passionnante et engagée). Le bois de hêtre du manche est issu de la forêt du domaine d’Igor dans le Perche. Les dessins et gravures sont réalisés par Lauren, forte de son talent et de ses études héraldiques en Angleterre et à l’École du Louvre. Leur communication sur les réseaux sociaux, leur site, leur atelier, ils sont au four et au moulin et c’est parfait.

Rencontres confondantes et combats culturels

Le couple vit une aventure humaine extraordinaire. Pour que l’ex-libris soit à l’image de son propriétaire, Lauren joue les psychanalystes littéraires dans son entretien philosophique. « C’est quelque chose qui nous permet de sonder en l’espace d’une vingtaine de minutes la personnalité de quelqu’un et encore plus que ça, des symboles qui lui correspondent afin de permettre de dessiner une illustration entièrement unique, avec des symboles bien choisis à la fois dans l’héraldique, dans l’histoire de l’art, dans la science des symboles » raconte-elle. Igor et Lauren découvrent des personnalités formidables : aviateur, bénévole sous les bombes au Congo, chirurgien cardiaque qui a exporté ses techniques au Pérou, avocat à la Cour de Tokyo, oligarque russe… « Tous les jours c’est un appel vraiment incroyable. » Sonia Rykiel les contacte pour créer le logo de l’évènement Sex-Libris (striptease littéraire entre effeuillage et cadavre exquis) à l’Hôtel, rue des Beaux-Arts.

Au-delà de faire revivre le bel objet culturel presque oublié, Lauren et Igor se battent pour la préservation des bouquinistes de Paris (métier vieux de 450 ans) et leur mise en lumière. Pour chaque commande d’ex-libris, 20 % leur est reversé. Un ex-libris qui leur est entièrement dédicacé est disponible à la vente sur leur site.

Au Bon Marché jusqu’au 31 décembre.

https://www.exlibris.paris

A partir de 75 euros.

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